Guide pratique
Faux message de police ou ordinateur bloqué : que faire ?
Cybersécurité — fiche réflexe
Une fenêtre peut afficher le logo de la Police nationale, de la gendarmerie, de Microsoft ou d’un antivirus et affirmer que l’ordinateur est bloqué. Elle peut déclencher une voix, passer en plein écran, empêcher la fermeture apparente du navigateur et demander d’appeler un numéro ou de payer une amende.
Ce message cherche d’abord à provoquer la peur. N’appelez pas le numéro, ne payez rien et n’installez aucun logiciel demandé par la fenêtre. Les forces de l’ordre ne réclament pas un paiement par carte, virement, coupon ou cryptomonnaie pour déverrouiller un ordinateur.
Trois situations différentes
Sur un petit écran, faites défiler le tableau horizontalement.
| Ce que vous observez | Situation probable | Niveau d’urgence |
|---|---|---|
| Une page Web en plein écran, avec sirène ou numéro à appeler, mais les fichiers restent accessibles | Arnaque au faux support technique ou page alarmante | Fermer la page sans appeler |
| Vous avez appelé et une personne a pris la main, installé un outil ou obtenu un paiement | Compromission possible et fraude | Couper la connexion et sécuriser les comptes immédiatement |
| Vos documents sont devenus illisibles, renommés ou accompagnés d’une demande de rançon | Rançongiciel réel possible | Isoler l’appareil du réseau et préserver les preuves |
Un message spectaculaire ne prouve pas qu’un virus a analysé l’ordinateur. À l’inverse, le simple fait de fermer la page ne suffit plus si vous avez installé un programme, communiqué des informations ou laissé un inconnu prendre le contrôle.
Si vous n’avez rien cliqué, installé ni payé
Si seule une page du navigateur est bloquée :
- ne cliquez pas sur les boutons de la fenêtre ;
- essayez
Alt+F4sous Windows pour fermer le navigateur ; - si cela échoue, ouvrez le Gestionnaire des tâches avec
Ctrl+Maj+Échap, sélectionnez le navigateur puis terminez la tâche ; - rouvrez le navigateur sans restaurer les onglets précédents ;
- supprimez l’autorisation de notification du site si vous l’aviez acceptée ;
- mettez le navigateur et Windows à jour ;
- lancez une analyse avec la protection de sécurité déjà installée et à jour.
Sur un Mac, utilisez Commande + Option + Échap pour forcer la fermeture de l’application si nécessaire.
Ne téléchargez pas un nettoyeur proposé par une publicité. Si le message revient après la fermeture du navigateur, si des extensions inconnues apparaissent ou si l’ordinateur se comporte anormalement, demandez un diagnostic.
Si vous avez appelé le numéro affiché
Les fraudeurs se présentent comme un support officiel. Ils demandent souvent d’installer un logiciel d’accès à distance, montrent des événements Windows ordinaires comme s’il s’agissait de preuves d’infection, puis facturent une intervention inutile.
Si une prise en main a commencé :
- débranchez le câble réseau ou désactivez le Wi-Fi ;
- ne discutez plus avec l’interlocuteur et ne validez aucune opération ;
- notez le numéro appelé, l’heure, le nom utilisé et les logiciels installés ;
- depuis un autre appareil sûr, modifiez d’abord le mot de passe de la messagerie principale, puis ceux des comptes sensibles ;
- contactez rapidement votre banque si des coordonnées bancaires ont été communiquées, si une transaction a été faite ou si l’écran bancaire a été visible ;
- conservez les factures, courriels, captures, numéros et justificatifs de paiement ;
- faites contrôler l’ordinateur avant de reprendre une activité sensible.
Changer les mots de passe depuis l’ordinateur potentiellement contrôlé peut exposer les nouveaux secrets. Utilisez un téléphone ou un autre appareil fiable jusqu’au diagnostic.
Si vous avez payé
Contactez immédiatement la banque ou l’émetteur du moyen de paiement pour expliquer qu’il s’agit d’une fraude au faux support. Demandez quelles mesures peuvent encore être prises et surveillez les opérations du compte.
Ensuite :
- conservez toutes les preuves ;
- signalez la situation avec l’assistant officiel 17Cyber ;
- déposez plainte selon les indications fournies et l’ampleur du préjudice ;
- révoquez les sessions et changez les mots de passe sensibles depuis un appareil sain ;
- vérifiez les comptes de messagerie, banque, achats et réseaux sociaux ;
- faites rechercher les logiciels de prise en main, comptes ajoutés, tâches planifiées et modifications de sécurité.
Une désinstallation rapide de l’outil visible ne garantit pas que toutes les modifications ont été supprimées.
Si les fichiers sont chiffrés ou renommés
Il peut s’agir d’un rançongiciel, et non d’une simple page Web :
- isolez l’ordinateur du réseau en retirant le câble Ethernet et en coupant le Wi-Fi ;
- déconnectez les disques externes et supports de sauvegarde encore sains ;
- ne branchez pas d’autre support pour « tester » ;
- photographiez le message et notez les extensions ou noms de fichiers inhabituels ;
- n’effacez pas immédiatement le système si vous souhaitez conserver des preuves ou rechercher un outil de déchiffrement ;
- contactez un professionnel et utilisez le diagnostic officiel de Cybermalveillance.gouv.fr ;
- informez rapidement les responsables concernés si l’appareil contient des données professionnelles ou personnelles de tiers.
Après avoir isolé l’appareil, la décision de l’éteindre dépend de la situation : sa mémoire peut contenir des preuves, mais un chiffrement encore actif peut continuer à détruire l’accès aux fichiers. Dans ce dernier cas, la fiche officielle prévoit d’envisager une extinction conservatoire, de préférence une mise en veille prolongée. Sollicitez immédiatement le service informatique mobilisé ou 17Cyber pour orienter les gestes adaptés ; n’attendez pas un rendez-vous ordinaire. Ne rallumez pas les appareils éteints susceptibles d’avoir été épargnés.
Le paiement d’une rançon ne garantit ni la restitution des fichiers, ni l’absence de copie des données, ni l’arrêt d’une nouvelle demande. Une restauration ne doit être effectuée qu’après assainissement de l’environnement.
Les signes typiques d’un faux message
- compte à rebours et menace immédiate ;
- voix ou alarme destinée à empêcher toute réflexion ;
- fautes, formulation étrange ou mélange de logos ;
- numéro de téléphone présenté comme seule solution ;
- demande de carte bancaire, virement, coupon prépayé ou cryptomonnaie ;
- interdiction de fermer la fenêtre ou de prévenir un proche ;
- prétendue liste de virus sans analyse crédible ;
- demande d’installer AnyDesk, TeamViewer ou un autre outil de contrôle à distance ;
- promesse de remboursement ou d’abonnement de sécurité après le paiement.
Un outil d’assistance à distance n’est pas malveillant par nature. Il devient dangereux lorsqu’il est installé à la demande d’un inconnu qui vous contacte ou que vous avez appelé depuis une alerte alarmante.
Après l’incident
- installez les mises à jour du système, du navigateur et des logiciels ;
- supprimez les extensions et notifications de sites inconnues ;
- contrôlez les programmes récemment installés ;
- vérifiez que la protection antivirus fonctionne ;
- examinez les comptes utilisateurs et les applications de démarrage ;
- changez les mots de passe réutilisés et activez la double authentification ;
- vérifiez les sauvegardes sans écraser les copies antérieures ;
- prévenez les contacts si la messagerie ou les réseaux sociaux ont pu être utilisés.
Pour un professionnel, documentez l’heure de l’incident, les appareils concernés, les comptes utilisés, les données potentiellement accessibles et les mesures prises. Une violation de données personnelles peut entraîner des obligations supplémentaires.
Ce qu’AIService peut faire
AIService peut vous aider à fermer une fausse alerte, identifier les logiciels installés, contrôler les réglages essentiels, sécuriser les comptes et préparer une remise en état. Selon la gravité, l’intervention peut nécessiter une réinstallation ou l’orientation vers un spécialiste de réponse à incident ou de récupération de données.
AIService ne promet pas de récupérer des données chiffrées et ne négocie pas avec des cybercriminels. Les démarches bancaires, les signalements et les plaintes restent effectués par la victime auprès des organismes compétents.
Pour continuer
Sources officielles
Ces ressources officielles complètent les explications du guide. Les interfaces et les conditions des services peuvent évoluer.
- Service-Public.fr — Recommandations en cas d’arnaque au faux support technique
- Cybermalveillance.gouv.fr — Assistance aux victimes
- Cybermalveillance.gouv.fr — Virus informatique : que faire ?
- Cybermalveillance.gouv.fr — Rançongiciels : les mesures à prendre
- 17Cyber — Diagnostic et assistance officiels